L’Europe du second regard
Ce que la Convention européenne des droits de l'homme a rendu possible
Sébastien Touzé
Quatrième de couverture
Que serait l’Europe si la Convention européenne des droits de l’homme n’avait jamais existé ? La question peut surprendre. Elle permet pourtant de regarder autrement une institution devenue si familière que l’on ne mesure plus toujours ce qu’elle a changé. La Convention n’a pas inventé les droits de l’homme. La Cour de Strasbourg n’a pas, à elle seule, transformé les sociétés européennes. Mais quelque chose de décisif s’est produit lorsque les États ont accepté qu’une décision prise par leurs autorités et leurs juges puisse encore être examinée au regard d’engagements communs. L’État continue de répondre en premier. Il n’a simplement plus la certitude d’avoir le dernier mot. C’est cette possibilité que ce livre appelle le « second regard ». Pour en mesurer la portée, l’ouvrage emprunte un chemin inhabituel : imaginer ce qui aurait pu manquer si Strasbourg n’avait pas existé. Non pour réécrire l’histoire, mais pour mieux comprendre celle qui s’est réellement accomplie. Que serait-il advenu de certaines personnes, de certaines violences, de certaines injustices si aucune instance extérieure n’avait pu reprendre les faits, interroger les raisons données par l’État et, parfois, constater que la réponse apportée ne suffisait pas ? C’est ainsi que se révèle progressivement ce que la Convention a rendu possible : non seulement des droits, mais une autre manière d’en demander compte. Ce livre cherche ainsi à comprendre cette transformation, ce qu’elle a apporté à l’Europe et ce qu’elle exige encore d’elle aujourd’hui. Car derrière la Cour, les procédures et les arrêts demeure une idée simple : aucun pouvoir ne devrait pouvoir considérer que sa propre réponse suffit toujours à clore la discussion






