Diplomatie de femmes Femmes en diplomatie
du Moyen-âge au dix-huitième siècle
Lucien Bély, Matthieu Gellard et Geraud Poumarède
Quatrième de couverture
Une double interrogation inspire cet ouvrage.
Quelle est la place des femmes dans l’univers de la diplomatie ?
Est-ce que la diplomatie se transforme lorsque des femmes y participent ?
Bien sûr, les historiens intègrent volontiers des souveraines et des princesses dans leurs analyses historiques, et ils leur consacrent aussi des biographies. En revanche, ils n’abordent guère ce qui fait, en matière politique, la différence entre homme et femme.
Un questionnement nouveau, né de l’histoire des femmes et des études de genre, a émergé pour saisir en quoi la féminité comptait dans cette présence politique, tantôt comme une faiblesse, tantôt comme une force, et comment la répartition de rôles spécifiques à l’homme ou à la femme intervenait au sommet de l’État. Nous avons voulu étendre ces enquêtes à la sphère diplomatique, aux relations entre États souverains.
Ces études présentent donc des femmes qui ont le pouvoir de décider ou d’influer sur la décision, en examinant le cas de leurs interventions dans le champ de la politique internationale. Outre les reines, les régentes tiennent une place éminente dans les Temps modernes. Les favorites ont pu également jouer un rôle important ou secret dans des tractations délicates. Certaines princesses se sont imposées comme négociatrices ou médiatrices.
La question s’est posée, dès les Temps modernes, de savoir s’il y avait eu des ambassadrices : des théoriciens de la diplomatie, Wicquefort et Moser par exemple, se sont ainsi penchés sur le cas de la maréchale de Guébriant.
En tout cas, la discussion porte sur les droits de la femme de l’ambassadeur au cours des missions de son mari. Les historiens s’interrogent sur la place qu’elle tient à ses côtés dans la vie quotidienne à l’étranger mais aussi, à distance, lorsqu’elle reste dans son pays d’origine, en s’occupant des intérêts et de la réputation de son époux. Une véritable collaboration peut ainsi s’établir au sein d’un couple. Rendues invisibles dans bien des récits historiques, des femmes peuvent alors retrouver de la visibilité, à condition que les historiens s’intéressent plus et mieux à elles.
Associant l’approche sociale et culturelle à l’analyse politique, ce livre collectif regroupe des études riches et diverses, souvent nourries de sources inédites : il ouvre bien des pistes nouvelles de recherche en contribuant à changer le regard des historiens sur le passé.







